Cerastes vipera photographié par Michel Aymerich
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Paysage bas Draa

EusparassusHéron garde boeufsStenodactylus sthenodactyluscorbeaux brunsandroctonus mauretanicusJaculus jaculusMalpolon monspessulanusMeriones libycusSpalerosophis dolichospilus


                   
 
Carnet de voyage naturaliste au Maroc
du 08-08 au 28-08-2004

par Michel Aymerich


Introduction

    Notre but est de nous rendre dans les régions présahariennes et nord-sahariennes du Maroc, nous ne nous arrêtons donc jamais longtemps, avant d'avoir atteint notre destination...

Journée du 08-08
  • Sortie de Tetouan, dir. Chefchaouen
    Entrés au Maroc depuis quelques heures seulement, nous arrivons sur un pont traversant un oued à l’eau abondante. Nous y observons et photographions un grand nombre d’oiseaux : Hérons gardebœufs (Bubulcus ibis)  et Corvidés. Régulièrement, des oiseaux s’envolent, partent et reviennent. Le vent est très fort. L’un d'eux, un Héron garde bœufs, déséquilibré, ne pouvant maintenir sa trajectoire,  doit se poser sur un arbre. Le vent le déséquilibre encore, il chute de nouveau quelques branches plus basses puis s’immobilise, attendant sans doute que la puissance du vent s’atténue. Peut-être s’est-il blessé, nous ne le saurons jamais…

Herons_gardeboeufs
Hérons gardeboeufs, Bubulcus ibis © Michel Aymerich

Journée du 09-08
  • Camping de Chefchaouen
    Quelques oiseaux (…), rien de bien spectaculaire. Nous avons une discussion avec un touriste français à qui nous expliquons l’objet de notre voyage au Maroc : observer et photographier un grand nombre de Vertébrés et d’Invertébrés. Je lui raconte mon intérêt pour les scorpions. Il répond en affirmant avoir observé lors de campings précédents qu’après avoir soulevé des pierres en voulant dégager le terrain pour installer sa tente que les scorpions qui se trouvaient là, dérangés,  se comportaient de façon « agressive ». Je lui posais la question de ce qu’il entendait par-là ? 
    Il me répondit qu’ils étaient venus, passablement excités, « dans sa direction ». Je lui faisais alors observer que ce n’était là que pur hasard, les scorpions déambulant à l’aveuglette en direction d’une autre cachette. Il convint intelligemment que son observation était purement subjective et qu’il avait faussement interprété le mouvement d'un scorpion dans sa direction comme étant intentionnel et destiné à l’agresser. 
  • 4 km avant oued Sidi Ben Saada (Rif)
    Nous nous arrêtons à un endroit où j’ai quelque espoir de trouver des reptiles. Hélas, rien. Rien de visible, en tout cas. Je photographie une Argyope lobée (Argiope lobata), assez semblable à celles qu’on peut trouver en France dans certains endroits de l’Hérault (« Grand travers » entre Carnon et La Grande Motte, Lac du Salagou, etc.). Mais peut-être les apparences sont-elles trompeuses et s’agit-il d’une autre espèce. Encore faudrait-il clarifier la définition de l’espèce. Car, s’il s’avérait que les argyopes lobées de France et celles du Maroc (tout au moins, celles des régions indiquées) sont reproductibles entre elles, pourquoi devrait-on accepter ce qui apparaîtrait comme une invention d’espèce ?
    Nous observons aussi quelques Cochevis de Thékla ou Cochevis huppé ? (Galerida theklae ou Galerida cristata ?)

Cochevis
Cochevis de Thékla ou Cochevis huppé ?
(Galerida theklae ou Galerida cristata ?)
© Michel Aymerich
  • Rif
    De la route, sur notre droite, j’observe un arbre majestueux qui orne un sentier. Je le photographie. Des arbres, surtout grands, nous n’en verrons pas beaucoup, particulièrement dans les régions du Haut-Atlas. Dans tout le Maroc, ils sont transformés en bois de chauffe, le déboisement est visible partout. L’érosion, la désertification, l’appauvrissement durable des sols en sont le lot.
  • 2 km avant Sidi Redoune, 16 km après Ouazane
    Sur la route, nous observons notre premier serpent, hélas écrasé. Je descends l’identifier. C’est une Couleuvre fer à cheval (Coluber hypocrepis). Je ne peux m’empêcher de me souvenir de cette belle Couleuvre fer à cheval qui lors d’une nuit d’été très chaude traversait la route. Je l’avais capturée, photographiée et  j’étais parti en compagnie de Lisa la transporter loin de la route, loin de ces « moyens de transport » utilisés bien souvent par les automobilistes du Maroc et d’ailleurs comme arme de guerre contre les « H'nouches », les serpents, mal-aimés parmi les mal-aimés, animaux diabolisés victimes de préjugés tous plus absurdes les uns que les autres… 
  • Route de Mekhnès, 3 km avant bifurcation vers Charkaua
    De nouveau, nous trouvons une Couleuvre fer à cheval (Coluber hypocrepis) écrasée.
  • Route de Mekhnès, 5 km après bifurcation vers Charkaua
    L’hécatombe s’est poursuivie, notre décompte macabre relève encore 2 Couleuvres fer à cheval écrasées. Nous ne saurons jamais lesquelles ont été tuées intentionnellement  et  lesquelles  relèvent  des  nombreuses   victimes,   animales  et « humaines » (des guillemets, car ne sommes nous pas nous aussi des animaux ?). La priorité accordée au réseau routier, plutôt qu’au réseau ferroviaire, au transport individuel ou familial par auto plutôt que par le moyen de transports en commun appropriés, l’idéologie de la vitesse, la griserie de posséder un instrument puissant pouvant servir quand l’occasion s’y prête à écraser les formes de vie « indésirables » ne peuvent être assimilées, j’en suis convaincu, au progrès. L’anéantissement d’écosystèmes entiers par le morcellement des territoires, ce serait un progrès ? Oui, ne manqueront pas de dire certains, les hommes, « espèce royale »,  en sont les bénéficiaires. Tiens donc ! 3700 morts au Maroc, je ne compte pas les blessés, rien que pendant l’année 2002, ce serait  un progrès ? Il faut lutter contre l’insécurité routière répondront d’autres. Certes, certes, mais la pollution de l’air et des nappes phréatiques et des oueds et… Le rapport avec la voiture ? C’est le rapport avec toute l'idéologie du progrès et ses conséquences... 
  • Route Azrou-Mrirt
    Notre premier Psammomys obèse (Psamommys obesus), mais écrasé. Nous en reverrons beaucoup entre Guelmin, Bou-Jerif et Tan-Tan. Vivants et bien vivants cette fois. Ce fut déjà le cas au début du mois de juin. J'avais vu des milliers et milliers de « rats des sables », comme ils sont appelés parfois aussi.

Journée du 10-08

  • 21 km avant Mrirt (provenance Azrou)

    Encore un paysage qui nous séduit, peut-être découvrirons-nous quelque chose ? Nous marchons, un bel insecte s’envole et part se poser plus loin. Il fait très chaud. Je poursuis l’insecte volant jusqu’à ce que je parvienne à le photographier. Je poursuis l’insecte volant jusqu’à ce que je parvienne à le photographier. C'est sans doute Palpares libelluloides (Ordre des Néroptères, Famille des Myrmeleonidae), un fourmilion adulte... Au passage, entre des pierres, je trouve une mue de Couleuvre de Shokar (Psammophis shokari). Dommage le serpent demeure introuvable.

  • 10 km avant Mrirt
    Sur la route, nous découvrons, écrasé, un Eumécès d'Algérie (Novoeumeces algeriensis). Celui-ci, en bon état, sera récolté, plongé dans l'alcool et remis à l’EPHE de Montpellier. Il pourra ultérieurement servir à des études génétiques et autres.
  • 4 km avant Mrirt
    Plus loin, sur la route, nous découvrons, fraîchement écrasée, ce qui fut une belle femelle d’Agame de bibron (Agama impalearis). Elle portait des œufs. Je la photographie dans l’espoir de montrer cette photo parmi d'autres du même genre afin de sensibiliser aux conséquences de la conduite aveugle... Combien plus civilisés que l'automobiliste moyen m'apparaissent ces humbles chasseurs-cueilleurs que sont les Pygmées, les Indiens d'Amazonie, les Bushmens, les Aborigènes d'Australie et d'autres qui marchent sans se presser, prêtent oreille à leur environnement et ne commettent pas de déprédations inutiles et définitives...
  • 60 km avant Demnate (provenance Azilal)
    Sur la route, nous trouvons un rapace écrasé, peut-être un Petit Duc (?) tué par une voiture. Je récolte une plume afin de faire déterminer l'oiseau...
 

Journée du 11-08
  • 3,5 km avant bifurcation vers Demnate
    Je photographie ce qui semble être une Argyope lobée (Argiope lobata), apparemment semblable à celle photographie deux jours plus tôt.

Agiope lobbée
Argiope lobata, Femelle, face ventrale
© Michel Aymerich
   
    Plus loin, sous une pierre, je trouve et photographie une autre araignée,
appartenant, sans doute, au genre Olios (Famille des Sparassidae).

Genre Olios
    Genre Olios ? Famille des Sparassidae
© Michel Aymerich

    Hélas, il n'existe pas de guide des araignées du Maroc. Il n'existe concernant des Arachnides que l'ouvrage de Max Vachon, Etudes sur Les Scorpions, un ouvrage de 1952, à la lecture difficile pour un non initié et largement dépassé... Concernant les araignées, il faut utiliser l'ouvrage de Dick JONES : Guide des Araignées et des Opilions d'Europe, Traduit et complété par J.-C. LEDOUX et M. Emerit (Edition : Delachaux et Niestlé, Collection : Les Guides du Naturaliste) qui peut parfois aider pour l'Afrique du Nord, mais la marge d'erreur de détermination des espèces marocaines ne peut être que très grande. Déterminer le genre est déjà une bonne chose, quant à l'espèce, c'est souvent impossible...
  • 10 km après Demnate, direction Marrakech
    Nous nous arrêtons, afin que je photographie un spectacle consternant : des dizaines de milliers de sacs en plastiques jonchent le sol sur une vaste surface qui va, le vent aidant, en s'élargissant à partir de son centre. L'endroit où s'est tenu un souk. Un spectacle, hélas, très fréquent au Maroc et très loin de l'image d'Epinal entretenue par l'industrie du tourisme et de nombreux livres, plus soucieux de vendre du rêve que d'alerter l'opinion sur l'état réel des choses. Mais l'illusion ainsi entretenue est de courte durée. Combien, or des inconditionnels que nous sommes, reviennent au Maroc après avoir constaté de visu les nombreuses dégradations?
  • 5 km avant Aït Ourir (après Demnate)
    Je photographie une Pie grièche (?).
  • 44 km avant Tadert (entre Aït Ourir et Tadert)
    Cette fois-ci, la chance nous sourit un peu plus, je trouve, capture,  photographie et relâche un bel exemplaire d'Eumécès d'Algérie (Novoeumeces algeriensis), un gros lézard de la Famille des  Scincidae et endémique au Maghreb.

Eumécès
Eumécès d'Algérie, Novoeumeces algeriensis
© Michel Aymerich
  • 4 km avant Aït Saoun, route Ouarzazate-Agdz
  Sur la route, la nuit, nous observons furtivement un renard, Renard de Ruepell (Vulpes rueppelli) ou Renard roux (Vulpes vulpes), nous ne le saurons jamais...

Journée du 13-08
  • Aït-Semgane
    Nous allons chaque été au village d'Aït-Semgane et ce depuis août 2000, excepté en 2003. En nous promenant dans les jardins du village au bord des canaux d'irrigation, je photographie une Grenouille verte d'Afrique du Nord (Rana saharica), puis un Truxale de couleur paille, "Acrida mediterranea", sans doute. Je suis à la recherche d'une belle espèce de scorpion du genre Buthus (occitanus?)dont j'ai déjà fait des photos lors de voyages précédents et qui habite cette région.

Rana saharica
Grenouille verte d'Afrique du Nord, Rana saharica
© Michel Aymerich

Truxalis
Truxale, Acrida mediterranea
© Michel Aymerich

     Cette fois-ci, à la différence des précédentes, je trouve et photographie un mâle. Max Vachon considérait comme appartenant à diverses sous-espèces de Buthus occitanus (le Scorpion du Languedoc, notamment présent dans le midi de la France) des scorpions du Maroc qui, pour un certain nombre d'entre eux, sont aujourd'hui  classés comme appartenant à différentes espèces de Buthidae du genre Buthus. Ce Buthus d'Aït-Semgane et environs serait une nouvelle espèce. C'est en tout cas la conviction de Philippe Geniez. "Les efforts de Vachon (1952) pour clarifier la composition du genre Buthus ont été considérables, mais très souvent ses décisions n'ont fait que rendre la taxonomie du genre plus confuse. Il n'a pas été possible  de définir les modèles précis de distribution et de différentiation des espèces. Ce problème touche tout particulièrement l'espèce Buthus occitanus avec sa pléiade de sous-espèces et de variétés. Cependant il paraissait évident qu'au sein de ce "complexe de formes", certaines populations devraient être considérées comme des véritables espèces." écrit Wilson Lourenço (2003)

Buthus sur main
Femelle du genre Buthus, photographiée
en août 2002 © Michel Aymerich

Buthus Aït  Semgane
Femelle du genre Buthus, photographiée en août 2002
© Michel Aymerich

  • 10 km après Bou Azzer, direction Tazenakht
    Nous nous arrêtons afin de prospecter les environs. En soulevant des pierres, beaucoup de pierres, je finis toujours par trouver un scorpion ou une araignée. Je trouve successivement deux galéodes ou solifuges de taille respectable que je photographie. Je n’ai pas encore appris à les manipuler, je suis encore victime des préjugés répandus à leur égard. Je sais qu’ils ne sont pas dangereux, mais je ne sais pas s’ils mordent facilement ou non, il faudra bien que j’essaie, ce que je ferai quelques jours plus tard…

Solifuge
Solifuge © Michel Aymerich
  •  10 km après bifurcation , 55 km avant Foum Zguid
    Nous nous arrêtons de nouveau. Je trouve un Galéode de petite taille et une Lycose ou Tarentule (Lycosa tarentula) mâle. Quelques criquets morts tapissent l’endroit. Ce qui signifie qu’ici des pesticides ont été utilisés pour anéantir les nuages de criquets pèlerins qui ont « envahi » le Maroc. Je ne peux pas facilement juger à l’œil nu quelles sont les conséquences écologiques, mais sans doute sont-elles dévastatrices. Il faut lire à ce sujet les commentaires de Michel Tarrier…En tout cas, je n’aurai pas vu beaucoup d’Agames de Bibron, à la différence des séjours précédents… C’est très inhabituel. Beaucoup sont-ils morts des conséquences des pesticides ? Combien d’autres espèces encore ont été les victimes de l’empoisonnement, combien de citoyens marocains, aussi, en subiront-ils les conséquences ?  

Journée du 14-08
  • Oued, 37 km avant Tazenakht, provenance Foum Zguid
    La nuit venue, nous décidons de camper non loin d’un oued, nous y observons des centaines de Grenouilles vertes d'Afrique du Nord (Rana saharica), dont certaines très grosses. Le jour venu, j’en photographie quelques-unes, ainsi qu’un Traquet à tête blanche immature (Oenanthe leucopyga ) venu se poser non loin de moi.



Oenanthe leucura
Traquet à tête blanche, immature, Oenanthe leucopyga
 © Michel Aymerich


  • 36 km  avant Tazenakht
    Nous observons un Agame de Bibron (Agama impalearis). Je l’ai déjà mentionné, nous n’en aurons pas vu beaucoup cette fois-ci. Normalement, à la même saison, nous en voyons plusieurs chaque jour…
  • 12 km avant Tazenakht
    De part et d’autres de la route, des Ecureuils de Barbarie (Atlantoxerus getulus) vaquent à leurs affaires, grignotant par-ci et par-là. Méfiants, à juste titre, ils s’enfuient dès que je tente de sortir de la voiture afin de les photographier de plus près. Ils sont hélas capturés ou parfois victimes d' enfants qui n'ont pas appris à respecter la diversité vivante et se font une gloire d'assurer leur domination masculine sur tout ce qui vit en prouvant leur dextérité à manier le jet de pierres...

Ecureuil de Barbarie
Ecureuil de Barbarie, Atlantoxerus getulus
 © Michel Aymerich


  • Sortie d’Amazer, direction Foum Zguid
    Après avoir dépassé le village d'Amazer, nous décidons de prospecter un peu à l'intérieur de la palmeraie. Je trouve deux mues de serpent (non encore identifiés) que je conserve à des fins de détermination ultérieure. Je tente quelques photos d’oiseaux...
  • 20 km avant Foum Zguid (après Tazenakht)
    Circaète Jean le Blanc ( ?), me semble-t-il, photographié en vol...
  • 50 km après Foum Zguid, 14 km avant Tissint
    Sur une route quasi déserte, la nuit, un camion nous double. Quelques minutes plus tard,  sur notre gauche, de l'autre côté de la route, nous apercevons une Vipère à cornes (Cerastes cerastes) de belle taille. Elle vient tout juste de se faire écraser et vit encore. Elle agonise. Le spectacle est révoltant. Un serpent, certes venimeux (et alors? Cela ne donne pas le moindre droit de les tuer, bien au contraire, pourrais-je argumenter...) a été tué volontairement par le camionneur qui s'est déporté sur sa gauche pour commettre son forfait contre un serpent, contre la biodiversité, contre notre droit à tous de vivre dans un monde diversifié et non stérilisé... Un serpent qui vivait sa vie loin des hommes, loin de tout envahissement par ces derniers, or celui des routes et des automobilistes meurtriers...  Je dois l'achever, je ne peux le laisser continuer ainsi de souffrir. Je lui injecte donc dans le cerveau une grande quantité d'alcool, puis je le place dans un bidon d'alcool. L'animal sera remis à Philippe Geniez de l'EPHE de Montpellier.
 
Je capture un petit solifuge ou galéode à l'abdomen noir. Impossible de l'identifier, la littérature sur les solifuges est rare, incomplète de surcroît.
  • 10 km avant Tissint, provenance Foum Zguid
    Je récolte une petite Gerbille tuée par une voiture et d'apparence intacte. Je la donnerai à Michel Thevenot de l'EPHE. J'observe également un scorpion assez typique des zones sahariennes, un Androctonus amoreuxi, une espèce qui peut atteindre une grande taille, jusqu'à 12 cm.


Androctonus amoreuxi
Androctonus amoreuxi,  août 2000 © Michel Aymerich

    En août 2000, je m'étais fait piquer par un gros exemplaire (représenté ci-dessus, il avait été photographié quelques minutes après "l'accident"). Par ma faute, car non seulement j'avais capturé l'arachnide en le contraignant à sortir de son terrier, mais encore j'avais commis une grosse erreur de manipulation en le brusquant (en restant calme et en employant la douceur, on peut facilement éviter ce genre de mésaventure...) La piqûre avait été bénigne, l'espèce est connue des spécialistes comme étant une espèce à la piqûre plutôt inoffensive (M. Goyffon...). D'habitude, je sais prendre dans mes mains toutes espèces de scorpions, sans me faire piquer. Comment? en restant calme et en employant la douceur : j'offre le creux de ma main comme un abri contre le soleil et contre le vent... Ce sont des années et années d'observation et de captures de scorpions qui m'ont fait comprendre que l'adjectif "agressif" appliqué à une espèce ou à une autre de scorpion est dépourvu de base objective et n'est pas d'un emploi réellement scientifique, ce qui n'empêche pas nombre de spécialistes d'employer ce vocabulaire subjectif. Ils peuvent classifier, étudier les conséquences de tel ou tel venin, mais ne savent pas interpréter le comportement et les réactions des différentes espèces de scorpion. J'ai même été le témoin - un témoin qui n'en croyait pas ses oreilles - de véritables affabulations, motivées par la mauvaise foi. La raison en était l'orgueil maladif de tel "spécialiste" qui ne pouvait accepter que l'on vienne empiéter sur "ses" plates-bandes. Pourtant, son domaine est la taxinomie et non pas l'éthologie...  
  • Route entre Tissint et Tata
  Nous roulons et nous arrêtons souvent pour que je puisse photographier une des nombreuses gerbilles qui traversent la route. Je tente plusieurs fois d'en photographier sans succès. Ces petits mammifères prudents se cachent dans leur terrier, en ressortent pour aussitôt repartir se cacher. Je dis à Lisa qui conduit la voiture de ne plus s'arrêter, nous devons beaucoup rouler. Assa est encore loin, sans parler d'Aouinet Torkoz, et nous n'avons même pas atteint Tata.  Quelques minutes plus tard, nous voyons une gerbille traverser la route sans se presser. J'ai le sentiment que mes chances sont plus grandes de parvenir à la photographier que les précédentes, je me contredis et demande à Lisa de bien vouloir stopper. Je descends de la voiture à la poursuite de la gerbille, fais une première photo de l'animal peu farouche, une  Gerbille (Gerbillus gerbillus), quand j'entends une explosion.

Gerbillus gerbillus
Gerbille, Gerbillus gerbillus © Michel Aymerich


    J'ai compris, je ne me retourne même pas et continue de photographier cette gerbille que je remercie mentalement car elle nous a peut-être sauvé la vie ou au moins évité un accident. La roue avant droite a, en effet, explosé. Nous roulions parfois à 100 km à l'heure. A cette vitesse, la perte de contrôle du véhicule aurait pu être très dangereuse. Combien de fois, lors de chaque séjour, avons-nous remarqué à quel point il est dangereux d'être en voiture? Mais bien des gens s'imaginent, combien à tort, que nous nous mettons en danger en capturant serpents et scorpions. Ils n'imagineront jamais combien nous nous sentons rassurés avec ces animaux, loin des routes, des camionneurs et autres automobilistes irresponsables, des violeurs et voleurs potentiels, etc. Misanthropie? Non,  hyperréalisme,
hélas, fondé sur l'expérience et les statistiques!!!
 


Journée du 15-08
  • Tata, Hôtel
Il est tard et nous avons abandonné l'idée de faire du camping sauvage comme à notre habitude, car après l'incident de la roue, lors d'un second arrêt, c'est la voiture qui ne redémarrait plus! Il nous faut trouver un garagiste. Nous devons, donc, aller impérativement jusqu'à Tata.  Nous trouvons un tout petit hôtel qui ne paye pas de mine, mais ce n'est pas cher et il y a de la place. En allant aux toilettes, quelle ne fut pas ma chance de trouver, n'en croyant pas mes yeux émerveillés, un Amblypyge, sans doute Musicodamon atlanteus. Cet Arachnide ressemble à nul autre, il semble être un mélange de scorpion et d'araignée sorti tout droit des fonds marins... Je le photographie abondamment...

Amblypyge
Amblypyge, Musicodamon atlanteus ?
© Michel Aymerich



  • 5 km après Tata
    Village photographié...
  • 10 km après Tata
    Je photographie un beau paysage saharien. Ah, si la faune pouvait être aussi au rendez-vous...Un beau paysage dépourvu de faune a quelque chose de déprimant, c’est un peu comme si une bombe à neutrons avait explosée dans les environs, anéantissant toute vie pour ne laisser subsister qu’un décor trompeur…


Environs de Tata
10 km après Tata, direction Akka © Michel Aymerich

  • Route Tata-Akka
    Panneaux photographiés indiquant l'existence de sites rupestres (Tiggane) et informant de l'interdiction de toute déprédation, pratique hélas très répandue. Des touristes achètent des peintures rupestres, contribuant ainsi à leur disparition...
  • Route Akka-Fam El Hisn, 28 km avant Fam El Hisn
    En prospectant la nuit, nous découvrons un joli Sténodactyle commun ou Sténodactyle élégant (Stenodactylus sthenodactylus),  puis  sous une pierre une araignée typique des régions sahariennes, Eusparassus dufouri. C'est une grande espèce magnifique qui fait peur à bien des habitants du pays et à des touristes ignorants colportant leurs peurs rationnellement infondées que Fançois Terrasson explique de la manière suivante : "Nous sommes éduqués à la maîtrise. Tout ce qui n’obéit pas nous fait peur ".

Stenodactylus sthenodactylus
Sténodactyle élégant, Stenodactylus sthenodactylus) © Michel Aymerich

Eusparassus dufouri
Eusparassus dufouri © Michel Aymerich


Journée du 16-08
  • 20 km avant Fam El Hisn, provenance Akka
    Paysage photographié
  • 7 km avant Fam El Hisn
    Sur la route un Agame changeant (Trapelus mutabilis) qui se chauffe. Le spectacle est fréquent pour qui sait scruter la route. Lisa qui conduit la voiture, comme toujours, s’arrête, je transporte le lézard à l'écart de la route et le photographie. Nombreux sont ceux qui se font ainsi écraser. Ils ont, en effet, la fâcheuse habitude de s'aplatir au sol  à la vue d'un danger, de fermer les yeux et de ne plus bouger. Un comportement qui leur est certainement utile sur les espaces pierreux qu'ils affectionnent, mais se révèle souvent fatal sur une route. Car combien sont-ils les automobilistes qui scrutent la route afin de ne pas écraser un animal et préfèrent aussi pour cette raison ne pas rouler trop vite?

Trapelus mutabilis
Agame changeant, Trapelus mutabilis © Michel Aymerich
  • 36 km avant Assa, prov. Akka
    Nous découvrons un Fouette-queue (Uromastyx acanthinurus) écrasé
  • 19 km avant Assa
    Puis encore un autre Fouette-queue (Uromastyx acanthinurus) écrasé

Journée du 17-08
  • 13 km après Assa, direction Tadalt
    Je photographie de nouveau une araignée (Eusparassus dufouri).
  • 23 km après Assa
    Paysage photographié
  • 1 km avant oued Tizimi, 25 km après Assa
    Un serpent vient de se faire écrasé, il est encore relativement intact. C'est une Couleuvre de Moïla (Malpolon (= Scutophis) moilensis). Je la mets dans le bidon d'alcool, elle ira à l'EPHE...
  • 48 km avant Guelmin, 55 km ( ?) après Assa, 5 km avant bifurcation vers Aouinet-Torkoz
    Nous trouvons, écrasé, ce que nous identifions comme un Renard roux (Vulpes vulpes). Nos connaissances en la matière sont encore lacunaires. Afin d’identifier les différentes espèces de Mammifères, nous utilisons l’ouvrage de Le Berre, Mammifères du Sahara…
  • 30 km après bifurcation vers Taidalt
    La nuit, je photographie une Petite Gerboise d’Egypte (Jaculus jaculus). Elle sautait imprudemment devant la voiture. Elle est sans doute éblouie et se laisse facilement approcher...


Jaculus jaculus
Petite Gerboise d'Egypte, Jaculus jaculus © Michel Aymerich


  • 32 km après bifurcation vers Taidalt
    J'observe une lycose ou tarentule (Lycosa tarentula). Je ne la photographie pas cette fois, j'ai déjà de belles photos de cette araignée fascinante, laquelle construit des terriers rappelant par leur aspect des nids d'oiseaux.
  • Bord Six
    Nous sommes assis dans le jardin, dans la ferme de Bord six, chez le père de notre ami El Kentaoui quand un de ses fils me crie : "Michel, un serpent!" Je cours à toute vitesse et en frôlant de trop près une feuille de palmier, je me blesse à l'oeil. Impossible de voir le serpent et de me concentrer, l'oeil est innondé de "larmes". Frustré, je retourne m'asseoir. Je ne perds pas l'espoir de retrouver le serpent. Le lendemain, son autre fils me crie: " Michel, le serpent!" Cette fois-ci, j'y vais rapidement, mais prend garde au palmier. Une jolie Couleuvre de shokar (Psammophis shokari) se cache au creux d'un petit palmier. Je parviens à l'en déloger, sans lui faire le moindre mal, à la capturer et à la photographier, un petit jeu  auquel elle semblera se prêter en adoptant les poses les plus esthétiques... Je la relâcherai, mais pas dans la ferme. El Kentaoui m'avertit qu'en son absence, des ouvriers travaillent dans la ferme, ils tueront certainement le serpent. Hélas, toujours et partout, au Maroc plus qu'en France encore, une guerre d'extermination est menée contre les serpents et pas que contre eux d'ailleurs. Contre quasiment tous les animaux, exceptés les chats, et encore... Je le relâcherai dans le jardin de Boujemaa Thiss, l'ancien gardien de la Station de recherches présahariennes d'Aouinet Torkoz, un homme différent qui sait tolérer les serpents...

Psammophis shokari
Couleuvre de shokar, Psammophis shokari
© Michel Aymerich

Psammophis shokari
Couleuvre de shokar, Psammophis shokari
© Michel Aymerich



Lisa_Psammophis_Boujemaa
Lisa tenant le Psammophis shokari, à gauche Roumissa, à droite Boujemaa Thiss
© Michel Aymerich


    Dans cette même ferme, j’observe des Geckos du genre Tarentola…, des scinques du genre Chalcides (Chalcides ocellatus ?) et des Solifuges (Galeodibus...?). Ce sera enfin pour moi l’occasion de manipuler un, puis un deuxième solifuge, celui-là énorme. Je ne suis pas déçu. J’avais fortement espéré trouver un énorme exemplaire, c’est le plus gros que j’ai eu l’occasion d’observer jusqu’alors. C’était la nuit, nous étions tous assis dehors sur des chaises dans cette ferme du nord du Sahara à nous entretenir de différents sujets quand soudain … , le fils le plus âgé d’El Kentaoui qui était torse nu, hurle : « qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que j’ai sur dos ? » Nous voyons alors ce magnifique solifuge déambuler sur le torse comme sur un tronc d’arbre. Calmement, je lui (crie) : « Ne bouge pas ! Surtout ne fais rien ! » J’ai très peur qu’il lui assène un coup et le blesse gravement ou bien encore le fasse fuir… Lisa a la présence d’esprit de lui prendre fermement la main et de lui dire tout aussi calmement et fermement de ne rien faire. ? Je m’approche muni d’une boite en plastique, l’Arachnide doté de longs poils sensoriels qui lui permettent d’appréhender son environnement  évite systématiquement le piège, je n’y arriverai pas rapidement par cette méthode, il risque de sauter et de s’enfuir. Ce serait trop bête. Je décide, donc, de le capturer à mains nues, en le laissant tout simplement changer de support. A moi ensuite de le faire passer d’une main à l’autre et d’éviter ainsi qu’il ne prenne la fuite. J’y parviens très bien, éprouvant un immense plaisir à « manipuler » cet énorme solifuge si injustement craint. Je fais ainsi la démonstration que mes propos sur leur nature inoffensive et leur comportement pacifique sont fondés. Les solifuges n’attaquent pas. Ce ne sont pas des bla-bla, la preuve est faite, pour la deuxième fois d’ailleurs dans la journée…
    Les gens mordus le sont parce qu’ils tapent sur l’Arachnide. El Kentaoui en convient, une fois il avait frappé et la belle « créature » l’avait mordu.  Non décidément l’homme n’a pas tous les droits, qu’il apprenne à respecter les autres formes de vie et il découvrira un monde bien moins hostile qu’il aime l’imaginer afin de pouvoir justifier son agression – celle-ci réelle et non imaginaire - contre ce qu’il appelle commodément « la nature ». Théodore Monod expliquait :  L’homme « va sauter en dehors du dispositif naturel auquel hier encore il appartenait et auquel le maintenait lié un pacte magico-rituel. Il va pouvoir dès lors intervenir de l’extérieur, dans le sens que l’on devine, libéré de tout scrupule et avec des moyens matériels sans cesse perfectionnés (...) A ce rythme, la prédation est devenue destruction, la Raubwirtschaft, l’ « économie de proie », peut enfin se donner libre cours, le divorce entre l’homme et sa biocénose est acquis, celui qui obéissait désormais commande ; la nature pour lui est une proie à saccager plus qu’un capital à ménager. » (Théodore Monod, Et si l’aventure humaine devait échouer, Livre de poche, 2002, pp. 42-43)



Galeode à Bord Six
Galeode, Galeodibus ? © Michel Aymerich


    J’observe encore deux scorpions, Androctonus amoreuxi, des Gerbilles (Gerbillus…), une Souris de Chudeau (…), des souris grises, me semble-t-il, des Huppes, des tourterelles 
( ?)
    Lors d'une marche dans les environs, entre Aouinet-Torkoz et Bord Six, nous observons des Ecureuils de Barbarie, un Macroscélide de Rozet (Elephantulus rozeti), appelé parfois " Rat à trompe", bien que ce ne soit pas un rat et qu'il n'appartienne ni à l'ordre des Rongeurs, ni à la Famille des Muridae, mais à l'ordre des Macroscelides et à la Famille des Macroscelididae...

Journée du 21-08
  • Piste vers Tadalt
   La nuit, sur la piste, un scorpion déambule, je descend de la voiture, c’est un bel Androctonus amoreuxi. C’est apparemment l’espèce la plus répandue dans la région…


Journée du 22-08
  • Environ 20 km avant Tantan, provenance Guelmin, Oued Draa

    Je photographie une Araignée de la famille des Sparassidae, une espèce jamais observée par nous auparavant, très probablement du genre Eusparassus. Nous ne savons pas de quelle espèce il s’agit. Nous partons à la recherche de cobras, il devrait y en avoir encore quelques-uns dans le coin, ceux qui ont encore pu échapper à la « rapacité » dépourvue de tous scrupules des chasseurs de serpents. Le mot « rapacité » est des plus injustes. Un rapace, tel un vautour est objectivement un nettoyeur, alors qu’un trafiquant de serpents est un parasite et un destructeur de « la nature ». Nous marchons dans un lit d’oued asséché, non loin de l’oued Draa et observons encore des Psammomys obèses, Psammomys obesus, j’en photographie quelques-uns, ainsi que divers oiseaux (Traquets, Cochevis…)

Tout à coup, perché en hauteur sur un monticule de terre, nous apercevons un Caméléon commun (Chameleo chameleo). Nous nous approchons tout en le photographiant et celui-ci part se cacher…dans un trou creusé dans le sol!

Genre Eusparassus
Araignée du genre Eusparassus (Famille des Sparassidae)
©Michel Aymerich

  • 3 km avant El Quatia, direction plages
    Sur la route, écrasée, nous identifions ce qui avait été un mâle de Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus)

Journées du 23 et du 24-08
  • Lagune de Khnifiss et environs

Guelta_Khnifiss
Guelta des environs de la Lagune de Khnifiss ©Michel Aymerich

    Nous observons des Acanthodactyles rugeux (Acanthodactylus boskianus) adultes et juvéniles, des « poissons des sables » de l’espèce Sphénops occidental (Sphenops sphenopsiformis), un Mérion de Libye (Meriones libycus) et, sous les pierres, des scorpions de couleur jaune, des Buthidae qui viennent d’être décrits comme une nouvelle espèce : Buthus bonito. Parallèlement, je cherche un Arachnide qui m’intrigue. Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un Solifuge ou d’une araignée, ce n’est en tout cas ni un scorpion, ni un Amblypyge. Un pêcheur du coin me décrit la « Bou Sekka » comme « terrible ». Curieusement le c’est le même mot qui est employé pour désigner les solifuges, ailleurs au Maroc. Selon Le Berre, le mot est utilisé pour désigner les cobras! Bon, un mot qui ne peut m’aider d’aucune manière à déterminer de quoi il s’agit véritablement. Peut-être s’agit-il même d’un insecte. A force de chercher et de soulever les pierres, nous finissons par trouver une araignée du genre Dysdera. Je ne l’avais encore jamais vue. Bien que de taille modeste, surtout en comparaison avec le solifuge de Bord Six, je la capture afin de la photographier dans de bonnes conditions, mais aussi afin de la montrer au pêcheur. Sait-on jamais, si l’araignée inoffensive est cette fameuse « Bou Sekka » qui inspire l’effroi. Je la montre et oui, c’est elle, c’est elle le « dangereux monstre ». Je suis déçu. Il n’y a rien de spectaculaire à découvrir, les choses se passent dans l’imagination des habitants du coin, les « locaux » comme on dit… 

Sphénops occidental
Sphénops occidental, Sphenops sphenopsiformis
© Michel Aymerich

Meriones libycus
Mérion de Libye, Meriones libycus
© Michel Aymerich



Buthus bono
Buthus bonito © Michel Aymerich

Dysdera
Espèce du genre Dysdera © Michel Aymerich


Journée du 25-08

  • 3 km avant Sidi Akhfenir, provenance Khnifiss
  Nous repartons de la Lagune de Khnifiss vers le nord, afin de rentrer progressivement en France. Au bord de l’océan, je photographie diverses espèces d'oiseaux
  • 5 km après Akhfenir, dir Tantan
    Au bord des falaises, quelques photos de Grands Cormorans de la sous espèce marocaine (Phalacrocorax carbo maroccanus)

Grand comoran
Grand cormoran, Phalacrocorax carbo maroccanus © Michel Aymerich


  • 53 km avant El Quatia, direction Tantan, provenance Sidi Akhfenir
    Plus loin, nous découvrons un Zorille de Libye (Poecilictis libyca) écrasé.
  • Un km plus loin
  Puis un Grand cormoran également écrasé…
  • Oued Draa
  Nous collectons une mue d'un grand exemplaire de Couleuvre de Montpellier  (Malpolon monspessulanus) et un Gecko casqué (Tarentola chazaliae) trouvé mort.

    Je photographie de nouveau des Psammomys obesus



Journée du 26-08
  • Camping de Bou-Jérif
   Nous arrivons à « Fort Bou-Jérif » : un admirable camping, très bien tenu et aux toilettes propres, situé près de l’ancien Fort Bou-Jérif, une forteresse actuellement en ruine, jadis construite par les français…
    Nous y observons de nombreux Psammomys déjà observés par moi lors de mon précédent séjour deux mois auparavant, en juin 2004. Je découvre également un beau caméléon, Chameleo c., d'un vert rappelant celui d'un fruit, à la différence de celui observé à la lagune de Khnifiss, ainsi qu’un scinque du genre Chalcides (C. ocellatus ?). Pas de serpents, hélas, dans ce qui fut un lieu où il y a quelques années encore, on pouvait trouver cobras et vipères heurtantes. Depuis, ils se sont considérablement raréfiés,  victimes des Aïssaoua et autres trafiquants de reptiles
...
    Sans doute, le touriste moyen,  imbu de son préjugé selon lequel il a tous les droits, notamment celui de "nettoyer" les endroits qu'il fréquente de toute "bête" indésirable,  en est-il rassuré. Nous avions été les témoins tardifs du massacre d'une jolie couleuvre (Psammophis schokari) que des touristes polonaises venues pour la première fois dans cette région relativement peu souillée par le tourisme (mais pour combien de temps encore?) s'étaient permises de tuer.  

Psammomys obèse
Psammomys obesus © Michel Aymerich

Chameleo
Caméléon commun, Chameleo chameleon © Michel Aymerich
  • 6 km après Fort Bou-Jérif
    Je photographie un rapace en vol, est-ce un Aigle de Bonelli (Hieraaetus fasciatus)? La photo, médiocre, permettra-t'elle une identification?

  • 8 km avant Laksabi, provenance Fort Bou-Jérif, direction Guelmin
    Nous roulons vers Guelmin, quand enfin une Couleuvre de Moïla (Malpolon moilensis) traverse la route... Cela fait longtemps que je désirais voir un exemplaire vivant et non écrasé ou moribond, comme celui recueilli en mai dernier à Aouïnet Torkoz où un habitant avait asséné un coup de bouteille en plastique sur la tête d’une de ces couleuvres afin de l’assommer et la capturer sans crainte. Le serpent était mort deux jours plus tard d’une hémorragie interne, sa tête fragile n’ayant pu supporter le coup…
    Je capture la couleuvre, puis la photographie abondamment. Fascinante, cette couleuvre opisthoglyphe (aux crochets postérieurs) présente la particularité de déployer sa coiffe un peu à la manière d’un cobra, ce qui lui vaut d’être qualifié en langues espagnole et anglaise de « faux cobra ». Après la séance de photographie, nous la laissons aller se cacher, ce qu’elle s’empresse de faire. J’espère qu’elle ne fera pas une mauvaise rencontre, les tueurs de serpents étant légion et toujours plus nombreux, exterminant et anéantissant sans répit et sans fin…
   
    J'aimerais tellement, avec Lanza del Vasto, pouvoir dire à chacun:

    « Tu traiteras avec les mêmes courtoisies serpents, scorpions, tarentules et toutes espèces de bêtes nuisibles. Nuisible, tu l'es toi-même plus que la bête : est-ce toi-même que tu voudrais punir en elle ? Laisse-la partir, et tes malices avec elle. » 
(Lanza del Vasto)

    Je préciserais toutefois que réellement "nuisibles", il ne le sont pas. Considère-t'on que les chiens sont nuisibles, parce qu'il peut arriver que dans certaines circonstances des chiens tuent une personne? Considère-t'on les voitures, camions, bus, comme des machines nuisibles, parce qu'elles provoquent, certes indirectement, la mort de 4000 personnes en une année au Maroc? Devrait-on considérer les automobilistes comme nuisibles, parce qu'ils appartiennent à une catégorie de personnes qui occasionnent un grand nombre de décès et d'accidents graves?

Scutophis moilensis
Couleuvre de Moïla, Malpolon moilensis
© Michel Aymerich

Lisa tenant couleuvre de Moila
Lisa tenant la Couleuvre de Moïla
© Michel Aymerich


Journée du 27-08
  • Marigha  (10 km avant Asni)
    Un panneau indique qu'ici se trouve un "poste d’observation de Mouflons à manchettes"
  • 7 km avant Asni

    Au bord de la route, une magnifique Tourterelle des bois (Streptopelia turtur). Sans descendre de la voiture, je la photographie…


Tourterelle des bois
Tourterelle des bois, Streptopelia turtur © Michel Aymerich
           
  • Route Tizi-Ntest, 123 km avant Marrakech
    De nouveau une Couleuvre fer à cheval (Coluber hypocrepis) écrasée.
  • 110 km avant Marrakech

    Je photographie un ancien village, témoin d’une époque où la pression humaine sur  "l’environnement" n’était pas encore aussi forte et destructrice. Je suis d’accord avec Nicolas Hulot lorsqu’il fait remarquer que le terme d’environnement est suspect, il fait allusion à ce qui entoure l’homme au lieu d'aider ce dernier à considérer qu'il fait partie intégrante de "la Nature"… Autre mot problématique, tant il peut prêter à des interprétations conservatrices et réactionnaires... Mais, c'est tout notre langage et derrière lui notre conception du monde (Die Weltanschaung, comme disent les allemands ) qu'il nous faut réviser, tant l'idéologie trahit sa présence, une idéologie commune à des courants de pensée politique pourtant opposés sur d'autres plans...

  • 31 km avant Asni
    Nous observons des Ecureuils de Barbarie (Atlantoxerus getulus)
  • Route après El Lelaâ-des-Sraghna, 100 km avant Beni Mellal 

    Sur le bord de la route une vache tuée par un automobiliste, un camionneur sans doute, témoigne en grand de la dangerosité des routes marocaines pour tout ce qui vit...


Journée du 27-08
  • 142 km après Moulay Idriss

    Je photographie des Héron gardebœufs qui semblent poser.

Hérons garde-boeufs
Hérons gardeboeufs, Bubulcus ibis
© Michel Aymerich

  • Oued Ouargha
        Dans un oued, oh horreur! des hommes nettoient camionnettes, camions, voitures, montrant un mélange d'ignorance pour les conséquences et de manque de scrupules pour l'eau, source de toute vie...

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